Luc Chatel : "Non au suicide collectif de l’industrie automobile"

Autoactu.com : L’Assemblée examine en ce moment la loi d’orientation des mobilités qui vise, entre autres, l’interdiction des véhicules à énergie fossile en 2040. Quel est votre sentiment sur ce texte ?
Luc Chatel :
Cela fait un moment que les industriels de l’automobile ne discutent plus de la réalité du changement climatique et de la nécessité de transformation. La décarbonisation est le sens de l’histoire. L’objectif est partagé. Les engagements que nous avons pris dans le contrat de filière en sont témoin.
Nous avons dit que l’automobile n’est pas un problème mais porte les solutions de réduction de CO2.
Ce que je vois depuis la signature du contrat de filière est que les choses ont beaucoup avancé. Les investissements réalisés par les constructeurs et les équipementiers dans la batterie, dans l'hydrogène et dans toutes les technologies de substitution représentent plusieurs centaines de milliards d’euros en Europe.
Nous sommes les premiers acteurs de la transition écologique et nous relevons le défi tous les jours. Simplement, l’industrie automobile est un immense paquebot et on ne part pas de zéro. Nous avons  à réussir une transition industrielle – et dans une industrie où les décisions ne se prennent pas en 8 jours. Les choix technologiques qui vont être fait aujourd’hui vont peser sur les 10 prochaines années.On ne peut pas naviguer à vue, on ne peut pas godiller. Un jour on vous dit c’est -37,5% et ensuite on nous dit, finalement c’est zéro énergie carbonée.

Autoactu.com : Que demandez-vous au gouvernement, aux députés ?
Luc Chatel :
Nous demandons de la visibilité dans les règles du jeu parce que la transition industrielle est la condition du succès de la bataille du climat. Je dis : avant d’ajouter des obligations supplémentaires, commençons déjà par se donner les moyens d’atteindre les objectifs fixés au niveau européen.
Il y a un an dans le contrat de filière, nous prenions un engagement très fort de multiplier par cinq le nombre de véhicules électriques à 5 ans. Il y a 6 mois, la règlementation européenne a imposé une réduction des émissions de CO2 de -37,5% en 2030 par rapport à 2021, c’est-à-dire -50% par rapport à aujourd’hui. C’est 59g de CO2/km parcouru à atteindre en 2030 en moyenne pour les véhicules neufs.
Pour y arriver, il faudrait le mix énergétique suivant : un tiers 100% batterie, un tiers d’hybrides rechargeables et un tiers de petites hybridations. Cela représente quasiment 100% de changement par rapport au parc existant. Quelle est l’industrie qui connait la même transformation en moins de 10 ans ?
On l’assume mais on ne veut pas un nouveau changement de règles et d’objectifs. Non au suicide collectif de l’industrie automobile.

Autoactu.com : Quelles seront les conséquences de cette interdiction des véhicules thermiques ?
Luc Chatel :
Attendons le vote. Cette interdiction ne figurait pas dans le projet de loi initial, mais résulte d’un amendement adopté en commission. Que les parlementaires en débattent.
Il y a un moment où il faut clarifier ses priorités, c’est-à-dire le maintien d’investissements et d’emplois dans notre pays. Je rappelle que l’impact de l’accélération de la chute du diesel, c’est déjà une cinquantaine d’entreprise directement impactées et 15 000 emplois menacés dans les cinq ans !
Par ailleurs, interrogeons-nous sur les moyens que nous nous donnons dans le même temps pour accélérer le développement de l’électrique. Il y a une vraie contradiction à envisager interdir les véhicules thermiques en 2040 et ne pas prendre les mesures nécessaires pour généraliser dans les copropriétés l’alimentation des parkings pour les véhicules électriques.

Autoactu.com : Pourtant, le droit à la prise figure dans le texte. Vous pensez que tel qu’il est prévu il n’est pas opérationnel ?
Luc Chatel :
C’est ça. Nous avons demandé un système proche de ce qu’on a eu dans les télécom au moment de la libéralisation du marché de l’accès à Internet : vous habitez une copropriété, vous faites la demande, votre syndic ne doit pas pouvoir vous interdire l’installation d’une prise collective.
On souhaite que l’on généralise dans les copropriétés l’alimentation des parkings pour qu’ensuite chaque copropriétaire en fonction de son besoin puisse dans un délai raisonnable de 3 mois se faire installer une borne.
Aujourd’hui, il n’y a pas ce pré équipement, et celui qui veut installer une borne va devoir suivre un parcours du combattant pour obtenir les autorisations de l’assemblée générale et en plus il va payer la partie collective de l’arrivée de l’électricité sur le parking avant d’installer sa propre borne.
Pour avoir 60% de véhicules électriques ou hybrides rechargeables, il faut être cohérent et il faut qu’on aboutisse à une généralisation du pré équipement d’une façon ou d’une autre.
Avoir des échéances un peu lointaines et des aides d’Etat pour ceux qui se décident vite ce serait cohérent avec le rythme auquel on nous dit d’aller.
Quand on croise les gens qui sont en copropriété et ne peuvent pas à court terme avoir de prises, ceux qui n’ont pas de parking et pour lesquels il n’y a pas de possibilité de rechange sur la voie publique et ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un véhicule électrique, on ne réussira pas le pari de multiplier les ventes de véhicules électriques à court terme.

Autoactu.com : Cela peut aboutir à une division drastique du marché ?
Luc Chatel :
On prend un risque énorme. Regardez ce qui s’est passé en septembre avec la mise en place des nouvelles normes européennes. Il n’y a pas eu d’anticipation des pouvoirs publics de la grille de malus. L’impact a été immédiat avec un effondrement des ventes. On sait très bien que ce marché est très fragile.
Inscrire dans la loi la fin des véhicules thermiques, par exemple en 2030, c’est fragiliser paradoxalement le développement des véhicules à faible émission. C’est en effet de prendre le risque d mettre un frein aux investissements dans l’hybride rechargeable à partir de maintenant, or on a besoin des hybrides rechargeables pour respecter le niveau d’émissions de CO2 exigé dans les prochaines années. Il faut bien des solutions intermédiaires, à la fois pédagogiques pour le développement de l’électrique et   utiles pour baisser des émissions de CO2.
C’est le paradoxe : si on fixe dans la loi l’interdiction, il n’y aura pas d’investissements dans une technologie qui sera obsolète dans 10 ans. A la fin c’est contre-productif.

Autoactu.com : Pourquoi est-ce que ce débat n’a pas eu lieu il y a 1 an et demi quand Nicolas Hulot l’avait annoncé. Personne ne l’a cru ?
Luc Chatel :
Ce débat est permanent. Mais inscrire telle ou telle disposition dans le marbre de la loi, c’est autre chose. On doit à la fois assumer la mutation liée au changement climatique et à la fois veiller à préserver l’emploi et un fleuron industriel. Pour le coup, il faut faire du "en-même temps".
J’ai demandé la convocation du comité stratégique de filière le 12 juillet. J’ai demandé que ce soit à Bercy avec le ministre pour évoquer ces sujets. Si à la fin de l’histoire on a transféré 75% de la valeur ajoutée en Chine et que l’on n’a plus d’emploi en France, bravo la mutation technologique.

Autoactu.com : L’amendement prévoit la "fin de la vente des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs utilisant des énergies fossiles, d’ici à 2040". Qu’est-ce que vous allez pousser comme amendement ?
Luc Chatel
: On considère que la fin des moteurs thermiques sera la conséquence de ce que l’on est en train d’initier. A la fois les engagements pris dans le contrat de filière plus les nouvelles règlementations européennes.
La fin des moteurs thermiques c’est donc une conséquence. Si on en fait un préalable, le risque c’est le désinvestissement de toute une filière et une perte de compétitivité notamment vis-à-vis des Chinois.
Nous voulons réussir à court terme et c’est pourquoi nous interpellons sur la montée en puissance des bornes de recharge et le droit à la prise. Ce n’est pas la peine d’aller se battre sur 2040 si on n’est pas capable de démarrer maintenant. Rien ne serait pire que dans 3 ans on ait tous les véhicules disponibles sur catalogue et que personne ne les achète faute d’infrastructures. La question, c’est celle de la crédibilité des politiques sur lesquelles on s’engage.
Un autre point de très forte préoccupation qui n’est pas du ressort de cette loi mais qui est fondamental pour les engagements que nous prenons, c’est la visibilité sur le dispositif de bonus-malus. Ce n’est vraiment pas le moment de se reposer la question du niveau de soutien au véhicule électrique au moment où il va falloir en vendre.

Autoactu.com : Vous dites que le gouvernement envisagerait de remettre en question le bonus sur les véhicules électriques ?
Luc Chatel :
Aujourd’hui nous avons des inquiétudes sur le montant du bonus pour 2020 et 2021, car nous n’avons aucune visibilité, alors même qu’il y avait là l’un des engagements dde l’Etat dans le contrat de filière. C’est un enjeu énorme. On voit bien que dans les pays qui ont baissé les incitations, immédiatement cela se voit dans les ventes de véhicules. On n’est pas encore à un niveau de maturité suffisant.

Autoactu.com : Que risque-t-il de se passer ?
Luc Chatel :
Dès l’année prochaine, nos constructeurs ont clairement affiché qu’ils ne paieraient pas de pénalités liées au non-respect des objectifs de CO2. Donc ils vont retirer de leur catalogue des véhicules qui se vendent très bien. S’ils n’arrivent pas à vendre des véhicules électriques, cela leur laissera très peu de marges de manœuvre pour continuer à vendre les véhicules thermiques qui se vendent très bien.
Il y a un vrai risque d’une double peine à la fois de ne pas réussir à vendre les véhicules électriques qu’ils vont fabriquer avec des investissements considérables et comme conséquence d’avoir très peu de marges de manœuvre pour vendre les autres modèles. 2020, 2021, sont des années de très fortes incertitudes.
Le vrai sujet est qu’est ce qui est fait pour convaincre et créer les conditions pour que les consommateurs, en fonction de leur usage, décident de basculer vers le véhicule électrique, vers le véhicule hybride.
Le sujet, c’est l’acceptation par les consommateurs. Il faut que les consommateurs achètent. Si les changements sont trop brutaux, les entreprises et les consommateurs ne suivront pas et il y aura des morts.
On n’est pas du tout entendu sur la visibilité de long terme sur les bonus-malus. C’est sûr c’est que si au 1er janvier 2020 alors que c’est l’année où il faut convaincre les gens d’acheter des véhicules électriques on a une baisse du bonus, ce qui à ce stade n’est pas improbable, vu les difficultés de financement de la prime à la conversion, on va dans une approche totalement incompréhensible.
On demande de la cohérence. A partir du moment où la France a plaidé pour aller plus loin que ce que la Commission européenne proposait, très bien mais, loin de tout affichage politique à bon compte, donnons-nous les moyens de réussir.
Propos recueillis par Florence Lagarde


Présentation des besoins d’innovation de la filière

Le 10 avril dernier, plus de 80 entreprises étaient réunies au CCFA pour échanger sur les besoins d’innovation de la filière automobile et mobilité. En présence de Luc Chatel, les experts de la PFA et les différents acteurs de la filière (grands comptes, laboratoires, PME, startups, pôles de compétitivité) ont pu échanger sur les défis soulevés par les exigences de la mobilité de demain et les moyens de financement disponibles pour les y aider. Vous pouvez retrouver les besoins d’innovation ici : https://pfa-auto.fr/recherche-et-developpement/

Cette journée constituait le premier événement d’une série de webinaires qui se dérouleront tout au long de l’année en partenariat avec les pôles de compétitivité, afin de présenter en détail les besoins d’innovation par grandes thématiques et les projets en cours.

Les dates à retenir :

le 15 mai sur le thème de l’électromobilité :  https://pole-moveo.org/evenements/webinar-besoins-dinnovation-en-electromobilite-de-la-filiere-automobile-mobilite/

19 juin - rendement véhicule

17 juillet – GMP

D’autres dates sont à suivre prochainement.

 

N’hésitez pas à vous y inscrire

L’équipe innovation PFA


Lancement d’une consultation pour l’organisation du Mondial de Paris

S’ouvre aujourd’hui une consultation par voie de mise en concurrence pour l’organisation du Mondial de Paris, évènement majeur et rendez-vous incontournable au premier rang des grands salons internationaux.

La PFA, le CCFA et la FIEV ont en effet conjointement décidé de faire évoluer les conditions d’organisation afin d’offrir une nouvelle ambition au Mondial.

Les grands salons se trouvent exactement dans la même situation que le secteur automobile lui-même : face à l’exigence de se réinventer en permanence. Or, pour incarner ce futur de l’automobile, le Mondial de Paris dispose de tous les atouts - au premier rang desquels, le succès incontestable de l’édition 2018, qui lui permet d’être en situation aujourd’hui de se donner cette nouvelle ambition. Il s’agit d’en faire l’évènement international de référence, à l’avant-garde de l’écosystème automobile et des nouvelles mobilités.

Cahier des charges et règlement de consultation disponibles sur demande, en échange d’un accord de confidentialité, à l’adresse suivante : presidence@pfa-auto.fr

La date limite pour le dépôt des offres est fixée au 18 mars 2019 à 10h.


L’Observatoire de la Métallurgie actualise son étude prospective Emploi & Compétences.

L’Observatoire de la Métallurgie, en partenariat avec la PFA, la FIEV, la Fédération de La Plasturgie et des Composites, et le Groupement Plasturgie Automobile (GPA), publie  l’actualisation de l’étude prospective sur l’évolution de l’emploi et des besoins en compétences dans le secteur automobile.

Dans cette période de profonde transformation dans le secteur automobile, l’objectif est d’offrir un outil d’anticipation qui permette d’évaluer l’impact de ces mutations sur les entreprises et les salariés.

 

L’édition 2018 de cette étude prospective vient confirmer les tendances observées en 2016, avec un effet d’accélération liée à la baisse rapide des parts de marché des motorisations diesel des véhicules particuliers, passées de plus de 70 à moins de 40% en quelques années, en faveur d’une montée rapide attendue de l’électromobilité dans les dix ans à venir :

  • L’impact d’une telle baisse est évalué à environ 10.000 à 15 000 emplois industriels à l’horizon 2030. Si une centaine d’entreprises sont d’ores et déjà directement affectées, avec un impact jusqu’à présent atténué par la croissance globale du marché, un éventuel retournement du marché pourrait conduire à son tour à un effet d’accélération.
  • Cette perte d’emplois ne pourra être complètement compensée, à volume de ventes constant, par la croissance attendue des besoins pour fabriquer les véhicules électriques et hybrides, sauf à réussir à développer une véritable filière européenne et française des batteries qui constitueront une part importante de la valeur ajoutée des véhicules électriques et hybrides rechargeables.
  • Les nouvelles compétences dont la filière aura besoin avec l’émergence du véhicule électrique, connecté et autonome (intelligence artificielle, big data, électronique de puissance) et l’évolution des modes de production (robotisation, usine 4.0) devront s’inscrire, sous réserve de bien les anticiper, dans le cadre du renouvellement annuel des salariés au sein des 4000 entreprises de la filière. Ces besoins de recrutement sont estimés à 25.000 personnes par an entre 2018 et 2022, parmi lesquels, notamment, 8000 ingénieurs, 6000 techniciens et agents de maitrise, 9000 ouvriers.

Ces analyses correspondent au diagnostic et à la stratégie portés par le contrat stratégique de filière signé, le 22 mai dernier, par la filière automobile avec l’Etat. A travers l’un des volets forts de cette feuille de route partagée, il s’agit précisément, dans une logique de solidarité de filière, de définir les outils permettant d’aider les entreprises concernées à anticiper les reconversions à opérer avec le soutien de l’Etat et des grands acteurs du secteur.

https://www.observatoire-metallurgie.fr/analyses-previsions/analyse-prospective-des-impacts-des-mutations-de-la-construction-automobile-sur


"Pour que la France soit un grand acteur de la mobilité du 21ème siècle", interview à CNEWS

➜ Voici quelques-unes des phrases clés de cette interview :

L’avenir est fait de solutions combinées de mobilité. Nous allons vers un système de prestations de services de mobilité. Le modèle évolue : le salon #MondialParis aussi.

Pendant un siècle l’industrie automobile a fait des avancées pour les consommateurs.

Nous visons un parc d’un million de véhicules électriques en 2022.

Comment faire de la France cette terre d’accueil pour l’industrie automobile et la mobilité du 21ème siècle ? Nous attendons de l’Etat qu’il soit partenaire.

Qui seront les acteurs du défi environnemental ? Les ingénieurs de l’automobile qui vont mettre l’innovation au service de la planète.

En 15 ans, nous avons divisé par deux les particules émises par les véhicules neufs.

À la PFA, nous anticipons la transition écologique dans l’automobile, et réfléchissons aux métiers de demain et à leurs formations.

Les constructeurs automobiles français se sont redressés comme jamais :
- Renault a multiplié par 2 son budget en R&D
- Valeo a multiplié par 3 le nombre de ses chercheurs
- Michelin et Plastic Omnium ont ouvert des centres de recherche exceptionnels


Carlos Tavares : « Chez PSA, nous sommes devenus des psychopathes de la performance »

Selon le président du directoire de PSA, son groupe ne devra pas avoir peur du changement et s’adapter à une période chaotique. Carlos Tavares était l’invité du Club de l’économie du « Monde », jeudi 27 septembre.

Le redressement de PSA doit beaucoup à un marché automobile européen et mondial très porteur. Est-ce que cela va continuer ?

Nous avons eu de la chance, c’est vrai, mais nous nous préparons déjà à une conjoncture moins favorable. Notre point mort de marge opérationnelle, à partir duquel l’entreprise gagne de l’argent, a été abaissé de 2,6 millions de voitures à 1,5 million pour 3 millions de voitures produites, hors celles d’Opel et Vauxhall. C’est une protection. Regardez BMW, qui vient d’émettre cette semaine un avertissement sur ses résultats. Cela signifie qu’il n’y a pas de position établie. D’ici à 2030, nous allons vivre une période extrêmement chaotique, pleine de risques et d’opportunités, typiquement darwinienne. Et, pour survivre dans cet environnement, il faudra être capable de se transformer et d’écarter la peur du changement. Nous sommes devenus des psychopathes de la performance.

En douze mois seulement, vous avez sorti Opel de plus de vingt ans de pertes. Comment avez-vous fait ?

Comme nous l’avons fait avec PSA. Par une réduction des frais fixes et des coûts variables et une amélioration de la recette unitaire. Par exemple, nous avons analysé tous les canaux de vente et supprimé ceux qui vendaient à perte. Cela peut se faire au détriment de la part de marché, mais elle rebondit derrière puisque l’entreprise est devenue beaucoup plus efficace.

Deuxième élément, la réduction des coûts fixes de 28 %. Bien sûr, les effectifs ont été réduits, mais dans des proportions bien plus faibles que les 50 000 emplois détruits par Opel au cours de vingt dernières années durant lesquelles l’entreprise à perdu près de 19 milliards de dollars [16,3 milliards d’euros]. Cet...

 

Lire l’intégralité de l’interview sur le site du Monde : https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/09/28/carlos-tavares-chez-psa-nous-sommes-devenus-des-psychopathes-de-la-performance_5361491_3234.html 

 


"L'automobile n'est pas le problème mais porte la solution", interview au Figaro

LE FIGARO. - Que représente pour vous le Mondial de l'automobile?

Luc CHATEL. - Ce salon est celui de la filière automobile française. Ce doit être un show, mais aussi beaucoup plus que cela. Il y aura trois salons en un. Un Mondial classique, où les constructeurs présenteront plus de cents nouveautés, un Mondial de la mobilité et un Mondial de la tech avec une forte présence de start-up. Nous voulons relayer un message d'innovation et de transformation de notre industrie, qui connaît sa plus grande mutation depuis l'invention de l'automobile il y a 120 ans. Pendant un siècle, son développement a été guidé par le principe du véhicule individuel, équipé d'un moteur thermique, destiné à être piloté. Or, l'automobile ...

 

Lire l’intégralité de l’interview sur le site du Figaro : http://www.lefigaro.fr/societes/2018/09/28/20005-20180928ARTFIG00216-l-automobile-n-est-pas-le-probleme-mais-porte-la-solution.php

 


Luc Chatel invité de Face à la Presse

L’automobile est sans doute le secteur industriel qui va connaitre le plus de disruptions dans les prochaines années. Alors que les constructeurs vendent depuis 120 ans des véhicules individuels, à moteurs thermiques, destinés à être conduits, ils vont maintenant devoir être prestataires de mobilité de véhicules semi-collectifs, électriques et autonomes.

Dans ce nouveau contexte, la PFA à 4 objectifs :

- accompagner l’innovation collaborative
- travailler sur la compétitivité de toute la filière
- travailler sur l’avenir des métiers
- faire prendre à tous les membres de la filière des positions communes

Signé le 22 mai 2018, le contrat de filière constitue une vision partagée de l’avenir de l’automobile, conciliant les exigences de l’agenda environnemental et la pérennité d’une filière d’excellence. Ramassé autour de grands projets structurants, il trace, pour les années à venir, la feuille de route d’une véritable transformation de la filière automobile française.

➜ Ecologie

La question du changement climatique est un fait. Dans ce nouveau combat, l’automobile ne doit pas être un problème, mais une solution. Nous devons nous orienter vers la neutralité technologique et la disparition du moteur thermique. Pour cela, plusieurs solutions existent : la batterie mais aussi l’hydrogène, l’hybride ou le diesel.

Le combat de la batterie est aujourd’hui dominé par l’Asie. Nous devons nous regrouper au plan national et européen pour remporter une partie de ce marché.

Nous avons entériné le principe même de la mutation vers une automobile plus propre. La vraie question est maintenant d’en connaitre le rythme. L’objectif est de multiplier par 5 du nombre de véhicules électriques vendus entre 2018 et 2022.

Il y a intérêt a ce que le gouvernement, les maires des grandes agglomérations et la filière automobile travaillent sur des pistes d’incitations sociétales à l’utilisation de véhicules électriques. Concrètement, cela peut être l’utilisation exclusive de certaines routes ou certaines voies aux véhicules électriques.

➜ Véhicules autonomes

Nous allons passer d’un système de véhicules individuels en propriété à un système de navettes semi-collectives, électriques, qui vont aboutir à une baisse du trafic dans les grandes agglomérations de 30% à 70%.

Nous avons créé un consortium réunissant les 6 grands groupes automobiles français (2 constructeurs et 4 équipementiers), des opérateurs de transports comme la SNCF, et des startups, 4 fois par an. Ensemble, nous allons organiser les essais grandeur nature du véhicule autonome. Ces opérateurs ont mis environ 200 millions d’euros sur la table.
Nous rencontrons maintenant les collectivités locales.

➜ Emploi

La filière automobile recrute et va continuer à recruter 60.000 personnes par an : 25.000 dans l’industrie, 45.000 dans les services.