Deux mois après la #JournéeDeLaFilièreAuto : le point sur le plan annoncé par le gouvernement

Deux mois après la #JournéeDeLaFilièreAuto : le point sur le plan annoncé par le gouvernement

Trois questions à Marc Mortureux, Directeur général de la PFA

 

 

Le 2 décembre dernier à Bercy, à l’occasion de la #JournéeDeLaFilièreAuto organisée à l’initiative de la PFA, Bruno Le Maire avait annoncé un plan de soutien au secteur, où en sommes-nous ?

Marc Mortureux : Dans la perspective de la journée de la filière du 2 décembre à Bercy, Luc Chatel avait en effet appelé le gouvernement à un plan d’urgence. L’accélération des transformations que nous vivons, en particulier l’évolution du mix-énergétique, ont des impacts significatifs sur le tissu industriel au cœur de nos territoires. Difficultés de trésorerie ou d’accès aux prêts bancaires, carnet de commandes en baisse… autant d’éléments qui nous remontaient et exigeaient une réponse.

Le ministre a annoncé un plan de 50 millions d’euros, structuré autour de deux volets :

- Permettre à nos PME de passer le cap de cette période difficile à travers la création d’un fonds de garantie pour les PME et ETI de la filière automobile, permettant de garantir jusqu’à 70% du montant d’un prêt bancaire, et doté de 25 millions d'euros de fonds publics ;

- Accompagner la transformation de nos entreprises à travers la mise en place un nouveau fonds de 25 M€ (qui s’ajoutent à 14 M€ déjà disponible) pour accompagner la transformation écologique des entreprises de la filière par des aides à l’investissement, mais aussi à travers l’accompagnement sur-mesure des entreprises impactées.

Les deux fonds sont mis en place via la BPI et la filière, en collaboration avec Bercy. Le fonds de garantie, par exemple, permettra dès cette année 2020 de générer 180-200 millions d'euros de prêts garantis pour les PME de l'industrie automobile.

 

Pouvez-vous détailler ce qui relève de cet accompagnement sur-mesure des PME et ETI impactées par les transformations sans précédent que traverse le secteur ?

Marc Mortureux : La PFA est en train de finaliser une convention avec Bercy permettant dégager une première enveloppe à hauteur de 2 M€ pour financer trois dispositifs de soutien :

Le premier dispositif vise à un accompagnement stratégique d’entreprises impactées par le changement du mix énergétique ou la baisse de la production automobile en France. Le but est de les aider à identifier les pistes de diversification possibles et à définir un plan d’actions pour assurer les reconversions nécessaires.

L’action se traduira par l’accompagnement de 60 PME sur deux ans sous forme d’une prestation de conseil.

Le second vise à un accompagnement opérationnel sur une durée plus longue (12 à 24 mois maximum) des entreprises impactées pour les aider à définir un plan d’action et à suivre leur mise en œuvre. L’action se traduira par la sélection de 40 PME sur deux ans sous forme d’une prestation de conseil qui s’étalera sur un temps plus long, de l’ordre de 12 à 24 mois. Elle pourra conduire, de façon complémentaire, à d’autres types de soutien, en fonction des situations, sous forme d’accompagnement opérationnel, d’apports en capital par le Fonds d’Avenir Automobile (FAA), de soutiens à l’investissement ou encore d’aides à la reconversion de salariés.

Le troisième dispositif vise à engager des démarches collectives de nature stratégique (marché, produits, performance industrielle, compétences) pour certains secteurs de la filière particulièrement impactés, comme la fonderie, la forge ou encore la plasturgie. Le but de cette démarche sera de mobiliser l’ensemble de l’écosystème concerné pour réaliser collectivement une analyse globale d’adéquation entre l’offre et la demande à l’échelle européenne ; évaluer les perspectives d’évolution et les opportunités de diversification ; identifier les technologies et compétences clés à renforcer ; et définir les mesures à prendre pour s’adapter ainsi aux besoins identifiés du marché.

Concrètement, sur le terrain, comment ces dispositifs de soutien seront ils déployés ces prochaines semaines ?

Marc Mortureux : Ces actions seront menées en étroite collaboration avec les fédérations membres de la PFA, ainsi qu’avec les pôles de compétitivité et les ARIA. D’ores et déjà, un premier appel à projet, le PIAVE, a été lancé via la BPI. Il s’agit d’accompagner des projets de diversification des entreprises de la filière, en soutenant l’innovation et l’investissement productif, notamment en matière de transition énergétique. L’objectif, c’est de venir soutenir des projets de diversification d’entreprises confrontées à l’exigence de s’adapter aux mutations qui sont les nôtres.

La PFA poursuivra par ailleurs son programme d’accélérateur automobile avec Bpifrance, avec le lancement de deux nouvelles promotions, en cours de recrutement, en avril prochain. Nous encourageons toute entreprise intéressée à se manifester rapidement et prendre contact avec nous .


Vœux 2020 de la Filière automobile

Luc CHATEL a présenté les vœux de la filière automobile, mardi 28 janvier 2020, à l’Automobile Club de France, en présence de la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès PANNIER-RUNACHER.

 

« L’automobile sort d’une décennie de transformation, elle entre aujourd’hui dans un nouveau monde », a indiqué Luc CHATEL : « L’année 2019 aura sans doute été une année de transition, la fin d’une époque… De même que les historiens ont l’habitude de dire que le XXème commence en Europe avec la guerre de 14, 2020 sera, pour l’automobile, l’entrée dans le XXIème siècle ».

 

Evoquant les profondes mutations qui traversent le secteur, Luc CHATEL a souligné : « Cette révolution est engagée, rien ne l’arrêtera. Et ce qui frappe chaque jour davantage c’est la vitesse de ce bouleversement, c’est cette accélération ».

 

Et, à ses côtés, Agnès PANNIER-RUNACHER a insisté : « Au moment où l’industrie est de retour, nous ne pouvons faire l’impasse sur le filière automobile qui pèse 400 000 emplois et se trouve face à des défis sans précédent. Nos maîtres mots pour 2020 : anticiper et jouer collectif ».

 

En rappelant les mots du Président de la République qui, il y a quelques jours, a salué la filière automobile comme un exemple de structuration, l’un et l’autre ont appelé à poursuivre cet effort de rassemblement : Pour Luc CHATEL, « Nous ne réussirons que si nous sommes dans une logique de rassemblement ». « Nous disposons de tous les leviers, l’intelligence doit être collective. Rassemblés, nous relèverons ces défis » a conclu Agnès PANNIER-RUNACHER.

 


Retour sur la #JournéeDeLaFilièreAuto

 

A l’initiative de Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), et président du Comité stratégique de la filière automobile, la #JournéeDeLaFilièreAuto a réuni un demi-millier de dirigeants de PME représentant le tissu industriel du secteur automobile au cœur de nos territoires.

Voir les slides diffusées pendant la journée

Cette journée a notamment été marquée par les  interventions de dirigeants de grandes entreprises de la filière tels que Jean-Dominique Senard, président du groupe Renault, Jacques Aschenbroich, président-directeur général de Valeo ou encore de Félicie Burelle, directrice générale déléguée de Plastic Omnium.

 

 

Discours du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

 

 

 

Un entretien avec Jean-Dominique Senard, président du Groupe Renault, a permis de comprendre comment s’adapter à un marché en profonde transformation :

 

 

Dans une période marquée par de très fortes incertitudes, liées autant aux transformations sans précédent auxquelles doit faire face le secteur automobile, qu’aux perspectives du marché, il s’agit de rassembler l’ « équipe de France de l’automobile » (constructeurs, équipementiers, fournisseurs ETI et PME, start-up), pour donner de la visibilité sur les principales évolutions à court et moyen terme de la filière (perspectives de marché, évolution du mix énergétique et des besoins technologiques, politique d’approvisionnement des donneurs d’ordre) et partager les outils qui doivent permettre de relever ensemble les défis d’une industrie en pleine mutation.

 

 

Xavier Mosquet, co-auteur d’un rapport sur l’avenir de la filière automobile pour le président de la République, est revenu sur les grandes tendances du marché et de la filière automobile.

 

 

Télécharger les slides diffusées lors de la journée :

➜ Tendances automobiles (BCG)

➜ Atelier Usine 4.0

➜ Feuille de route technologique

➜ Emplois et compétences


Hausse des malus et baisse des bonus : Le décollage du marché du véhicule électrique compromis

Le dispositif de bonus/malus, dans son principe, est destiné à orienter le marché vers l’achat de véhicules à zéro ou faibles émissions de CO2, en désincitant les consommateurs à l’achat des véhicules les plus polluants, d’une part, en les encourageant à l’achat des véhicules les plus propres, d’autre part.

Les choix annoncés aujourd’hui par le gouvernement remettent en cause ce mécanisme vertueux. La logique d’affectation des recettes de malus vers le bonus a disparu, transformant ainsi le malus en un impôt déguisé et fragilisant le bonus des véhicules électriques au moment où il sera le plus nécessaire.

La nouvelle grille de malus pour 2020 se traduit par une multiplication par cinq ou six des malus payés par les consommateurs et un déplafonnement de 12.500 à 20.000 €. Et, le gouvernement annonce aujourd’hui en contrepartie…une baisse continue d’ici à 2022 du bonus pour les particuliers, et la division par deux, dès 2020, du bonus sur le marché des professionnels.

A terme, à horizon 2022, le bonus pour les particuliers sera réduit à 4000 euros et on aura divisé par six le bonus sur un marché des professionnels qui représente le plus fort potentiel à l’achat de véhicules électriques et qui pèse plus de la moitié du marché global.

Avec la signature du contrat stratégique de filière en mai 2018, l’objectif que nous nous sommes fixé est la multiplication par cinq des ventes de véhicules électriques d’ici à 2022. Les industriels sont plus que jamais au rendez-vous avec des investissements massifs et une gamme : 100 modèles de véhicules électriques disponibles en 2019, 176 en 2020, 214 en 2021, 333 en 2025…

Mais un tel objectif suppose, pour la seule année 2020, le doublement des ventes de véhicules 100% électriques et hybrides rechargeables. Or, l’enveloppe du bonus retenu par le gouvernement n’augmente que de 50%.

Le gouvernement, en apposant sa signature au contrat stratégique de filière, s’est engagé, non seulement à offrir de la visibilité mais, surtout, à maintenir un niveau soutenu de bonus pour la phase de décollage du marché et à accélérer le déploiement des infrastructures de recharge. Force est de constater qu’il n’est pas au rendez-vous de ses engagements.

On ne peut dès lors qu’être frappé par l’incohérence des choix qui sont faits aujourd’hui : comment peut-on, d’un côté, plaider l’exigence et l’accélération de la trajectoire en Europe, et de l’autre, en France, ne pas se donner les moyens de ses ambitions ? Être ambitieux sur les objectifs et manquer à ce point d’ambition sur les moyens, c’est réduire ses ambitions à de l’affichage politique.

« L’expérience sur d’autres marchés montre qu’il n’y aura pas de décollage du marché du véhicule électrique sans incitations fortes à l’achat – la ministre l’a elle-même souligné à l’occasion des débats parlementaires. Avec un durcissement sans précédent du malus qui ne se traduit, en contrepartie, que par un bonus réduit a minima à horizon 2022, c’est la double peine pour le consommateur.

Au total, le grand risque est que tout le monde soit perdant : l’industrie, l’écologie et le pouvoir d’achat des Français », a insisté Luc CHATEL, président de la Plateforme automobile (PFA).

 


Interview de Luc CHATEL dans l’Opinion

Plus de 500 entreprises sont déjà inscrites à la Journée de la filière automobile, qui se tiendra le 2 décembre à Bercy. Thème de cette rencontre : relever les défis d’une industrie en pleine mutation. Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA) qui rassemble les quelque 4 000 entreprises du secteur, attend, lui, des réponses concrètes de Bruno Le Maire à la crise qui couve.

Fiat-Chrysler et PSA, c’est le mariage du siècle ?

Les transformations que traverse ce secteur génèrent des besoins d’investissement complètement inédits. L’industrie automobile va dépenser 225 milliards d’euros d’ici à 2023 dans la seule électrification de ses gammes. Pour y arriver, cela implique d’abord d’être en bonne santé ! Cela motive aussi des rapprochements, des coopérations... C’est ce qu’ont décidé Ford et Volkswagen dans l’électrique, BMW et Daimler dans le véhicule autonome, des alliances inimaginables il y a cinq ans. Pour relever ces défis, PSA choisit de se rapprocher d’un grand constructeur mondial afin de constituer le numéro 4 du secteur. Au-delà des gros besoins d’investissements à venir, cette opération consacre une vraie complémentarité entre ces deux groupes avec, pour PSA, une ouverture sur les Etats-Unis dont il est aujourd’hui absent.

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Marché du véhicule électrique : « Plus que jamais le gouvernement se trouve face à une exigence de cohérence »

Au moment où est débattu le projet de loi de finances, Luc CHATEL appelle l’Etat « à plus de cohérence ». Il rappelle que filière s’est engagée à multiplier par cinq  les ventes de véhicules électriques d’ici à  2022 et souligne que l’offre  est plus que jamais au rendez-vous. Mais « il y a un vrai déficit d’accompagnement du marché de la voiture propre.  Et le gouvernement   s’apprêterait en réalité à diviser par deux le bonus sur  le marché des flottes, qui  représente pourtant 60% des ventes (dont 40% sont destinées aux particuliers par les systèmes de location longue durée). On envoie un contre-message, au moment même où le malus devient violent »… « j’alerte le gouvernement :   la France ne sera pas au rendez-vous du véhicule électrique s’il ne se donne pas les moyens de ses ambitions, en matière d’incitations, mais aussi d’infrastructures ».

Tissu industriel au cœur de nos territoires : « J’appelle le gouvernement à un Plan d’urgence »

Dans le contexte de la  Journée de la filière automobile qui réunira, le 2 décembre prochain à Bercy, un demi-millier de PME et ETI du secteur, Luc CHATEL souligne l’effet cumulé de la baisse mondial des ventes et de l’impact sur le tissu industriel des transformations qui traversent le secteur.

« J’ai dit à Bruno Le Maire que la filière automobile ne survivra pas sans un plan d’urgence en réponse aux difficultés qui s’amplifient sur trois fronts. D’abord, les impôts de production, qui ont des implications majeures sur la localisation d’un secteur très mondialisé et sur les investissements d’avenir. On ne peut pas aborder cette crise avec les codes du XXème siècle. Ensuite, il est nécessaire d’accompagner les reconversions d’entreprises qu’implique la violente mutation du secteur. Enfin, comme en 2008 il va falloir régler les situations d’urgence. Depuis cet été, des PME ont du mal à se financer, la situation ne fait que s’aggraver. On voit aussi resurgir, comme il y a 10 ans, des problèmes liés aux délais de paiement et aux conditions d’achat imposées aux fournisseurs ».


Retour sur le salon de Francfort

La 68ème édition du salon IAA de Francfort ouvre ses portes au public du 12 au 22 septembre 2019, après les journées réservées à la presse, les 10 et 11 septembre.
 

A l’occasion du salon de Francfort, Thierry Bolloré, Directeur Général du Groupe Renault, et Laurens van den Acker, Directeur du Design Industriel, ont présenté Nouveau Renault Captur, la toute nouvelle génération du best-seller des SUV urbains avec 1.5 million d’unités vendues dans plus de 90 pays.

« A partir de 2020, Nouveau Captur sera le premier modèle hybride rechargeable de sa catégorie. Nous avons développé un système de transmission unique adapté à l’hybride, ainsi qu'une technologie de gestion de l’énergie directement dérivée de la Formule 1. Chez Renault, nous nous engageons à rendre la technologie et l'innovation accessibles à nos clients. C’est notre histoire, et c’est notre futur ».

Thierry Bolloré, Directeur Général Groupe Renault

 


 

Sur le stand d’Opel, Carlos TAVARES a fait le point sur l’actualité du groupe à un moment où le secteur automobile entre dans « une période extrêmement agitée entre maintenant et 2030 ». Il a rappelé que la marque Opel, présente sur le salon, a dégagé au premier semestre un profit en hausse de 40% ». Il a évoqué enfin une série d’expérimentations de véhicules hydrogène : Nous ferons les premières expérimentations sur des véhicules utilitaires pour tester les attentes des consommateurs ».

 

 
Valeo présente ses innovations « au cœur des révolutions des mobilités ». Le Groupe qui a placé l’innovation au cœur de sa stratégie, est aujourd’hui n° 1 ou n°2 mondial sur chacun de ses métiers et possède un leadership technologique dans les trois domaines qui révolutionnent l’automobile –électrification du moteur, véhicule autonome et révolution digitale.
 


 

 

Symbio, filiale du groupe Michelin et au cœur d’une Joint-Venture en cours de création avec Faurecia, Symbio entend devenir un leader sur l’hydrogène.
Forte du soutien du groupe Michelin, sa maison-mère, et des perspectives de joint-venture avec Faurecia, Symbio affiche ses ambitions : 20 000 StackPack en 2025 et 200 000 en 2030 – mieux qu’un Stack, un Stackpak intègre la pile hydrogène et les composants clefs pour optimiser la durée de vie, l’intégration dans les véhicules et la compacité.
 


 


 

Plastic Omnium franchit une étape de plus vers le véhicule modulaire, en intégrant des fonctionnements intelligents dans les pare-chocs et hayons, pour construire le véhicule connecté de demain.

 


#Bercy Réunion du comité stratégique de la filière automobile

Luc CHATEL, président de la Plateforme automobile (PFA), a présidé aujourd’hui, à Bercy, le Comité stratégique de la filière automobile, en présence du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et de la ministre chargée des Transports, Elisabeth BORNE.

Il s’agissait, dans le prolongement de la signature du contrat stratégique de la filière automobile, le 22 mai dernier, de faire un point d’étape à un an des engagements réciproques pris par les industriels et par l’Etat.

Luc CHATEL a souligné l’engagement des industriels qui consentent des efforts de R&D sans précédent et investissent massivement.

  •  Le jour même de la signature du contrat de filière, PSA annonçait un investissement de 220 M€ pour produire une nouvelle génération de moteurs électriques dans son usine de Trémery (Moselle). Et, à l’occasion du Mondial de l’Auto, PSA dévoilait le lancement, dès 2019, d’une version électrique ou hybride sur 100% de ses nouveaux modèles.
  • Moins d’un mois après la signature du contrat stratégique de filière, Renault annonçait un investissement de plus d’1 Md € en France dans le domaine de l’électromobilité avec, notamment, le doublement des capacités de production de la Zoé.

Enfin, le président de la PFA a présenté, dans le cadre des engagements pris par l’Etat, trois mesures d’urgence, conditions de la réussite de la transition écologique et industrielle :

  • Dispositifs incitatifs : il est indispensable de disposer de visibilité dans le temps sur les dispositifs incitatifs indispensables au décollage du marché.

Offrir de la visibilité sur le dispositif bonus / malus et maintenir un niveau de bonus élevé sont des engagements pris par l’Etat dans le contrat de filière.

  • Accélérer sur les infrastructures de recharge : une mesure législative permettant aux copropriétaires de faire installer dans un délai de 3 moins maximum une borne de recharge.

 45% de la population vit en immeuble, avec 9,7 millions de logements en résidentiel collectif, représentant 14,4 millions de places de parking. La LOM, en discussion au Parlement, nous offre l’opportunité d’agit vite.

  • Impact de la transition sur le tissu industriel : un plan d’urgence financé à la hauteur des risques apparaît indispensable alors qu’une cinquante d’entreprises impactés par la chute du diesel et 15 000 emplois menacés. Il faut simplifier le soutien à l’investissement, faciliter l’accès au crédit et renforcer l’accompagnement sur mesures des PME, mais aussi des ETI.

« Aujourd’hui, les conditions du décollage du marché du véhicule électrique ne sont pas réunies. Et pourtant, au regard des objectifs européens et des choix politiques faits par la France, au regard des investissements sans précédent engagés en conséquence par les industriels, nous avons une obligation de résultat.

Ces mesures d’urgence sont indispensables pour atteindre cet objectif devenu, à court terme, l’enjeu numéro un pour réussir la transition écologique et, désormais, pour la survie d’une filière automobile dans notre pays », a souligné Luc CHATEL.


Luc Chatel : "Non au suicide collectif de l’industrie automobile"

Autoactu.com : L’Assemblée examine en ce moment la loi d’orientation des mobilités qui vise, entre autres, l’interdiction des véhicules à énergie fossile en 2040. Quel est votre sentiment sur ce texte ?
Luc Chatel :
Cela fait un moment que les industriels de l’automobile ne discutent plus de la réalité du changement climatique et de la nécessité de transformation. La décarbonisation est le sens de l’histoire. L’objectif est partagé. Les engagements que nous avons pris dans le contrat de filière en sont témoin.
Nous avons dit que l’automobile n’est pas un problème mais porte les solutions de réduction de CO2.
Ce que je vois depuis la signature du contrat de filière est que les choses ont beaucoup avancé. Les investissements réalisés par les constructeurs et les équipementiers dans la batterie, dans l'hydrogène et dans toutes les technologies de substitution représentent plusieurs centaines de milliards d’euros en Europe.
Nous sommes les premiers acteurs de la transition écologique et nous relevons le défi tous les jours. Simplement, l’industrie automobile est un immense paquebot et on ne part pas de zéro. Nous avons  à réussir une transition industrielle – et dans une industrie où les décisions ne se prennent pas en 8 jours. Les choix technologiques qui vont être fait aujourd’hui vont peser sur les 10 prochaines années.On ne peut pas naviguer à vue, on ne peut pas godiller. Un jour on vous dit c’est -37,5% et ensuite on nous dit, finalement c’est zéro énergie carbonée.

Autoactu.com : Que demandez-vous au gouvernement, aux députés ?
Luc Chatel :
Nous demandons de la visibilité dans les règles du jeu parce que la transition industrielle est la condition du succès de la bataille du climat. Je dis : avant d’ajouter des obligations supplémentaires, commençons déjà par se donner les moyens d’atteindre les objectifs fixés au niveau européen.
Il y a un an dans le contrat de filière, nous prenions un engagement très fort de multiplier par cinq le nombre de véhicules électriques à 5 ans. Il y a 6 mois, la règlementation européenne a imposé une réduction des émissions de CO2 de -37,5% en 2030 par rapport à 2021, c’est-à-dire -50% par rapport à aujourd’hui. C’est 59g de CO2/km parcouru à atteindre en 2030 en moyenne pour les véhicules neufs.
Pour y arriver, il faudrait le mix énergétique suivant : un tiers 100% batterie, un tiers d’hybrides rechargeables et un tiers de petites hybridations. Cela représente quasiment 100% de changement par rapport au parc existant. Quelle est l’industrie qui connait la même transformation en moins de 10 ans ?
On l’assume mais on ne veut pas un nouveau changement de règles et d’objectifs. Non au suicide collectif de l’industrie automobile.

Autoactu.com : Quelles seront les conséquences de cette interdiction des véhicules thermiques ?
Luc Chatel :
Attendons le vote. Cette interdiction ne figurait pas dans le projet de loi initial, mais résulte d’un amendement adopté en commission. Que les parlementaires en débattent.
Il y a un moment où il faut clarifier ses priorités, c’est-à-dire le maintien d’investissements et d’emplois dans notre pays. Je rappelle que l’impact de l’accélération de la chute du diesel, c’est déjà une cinquantaine d’entreprise directement impactées et 15 000 emplois menacés dans les cinq ans !
Par ailleurs, interrogeons-nous sur les moyens que nous nous donnons dans le même temps pour accélérer le développement de l’électrique. Il y a une vraie contradiction à envisager interdir les véhicules thermiques en 2040 et ne pas prendre les mesures nécessaires pour généraliser dans les copropriétés l’alimentation des parkings pour les véhicules électriques.

Autoactu.com : Pourtant, le droit à la prise figure dans le texte. Vous pensez que tel qu’il est prévu il n’est pas opérationnel ?
Luc Chatel :
C’est ça. Nous avons demandé un système proche de ce qu’on a eu dans les télécom au moment de la libéralisation du marché de l’accès à Internet : vous habitez une copropriété, vous faites la demande, votre syndic ne doit pas pouvoir vous interdire l’installation d’une prise collective.
On souhaite que l’on généralise dans les copropriétés l’alimentation des parkings pour qu’ensuite chaque copropriétaire en fonction de son besoin puisse dans un délai raisonnable de 3 mois se faire installer une borne.
Aujourd’hui, il n’y a pas ce pré équipement, et celui qui veut installer une borne va devoir suivre un parcours du combattant pour obtenir les autorisations de l’assemblée générale et en plus il va payer la partie collective de l’arrivée de l’électricité sur le parking avant d’installer sa propre borne.
Pour avoir 60% de véhicules électriques ou hybrides rechargeables, il faut être cohérent et il faut qu’on aboutisse à une généralisation du pré équipement d’une façon ou d’une autre.
Avoir des échéances un peu lointaines et des aides d’Etat pour ceux qui se décident vite ce serait cohérent avec le rythme auquel on nous dit d’aller.
Quand on croise les gens qui sont en copropriété et ne peuvent pas à court terme avoir de prises, ceux qui n’ont pas de parking et pour lesquels il n’y a pas de possibilité de rechange sur la voie publique et ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un véhicule électrique, on ne réussira pas le pari de multiplier les ventes de véhicules électriques à court terme.

Autoactu.com : Cela peut aboutir à une division drastique du marché ?
Luc Chatel :
On prend un risque énorme. Regardez ce qui s’est passé en septembre avec la mise en place des nouvelles normes européennes. Il n’y a pas eu d’anticipation des pouvoirs publics de la grille de malus. L’impact a été immédiat avec un effondrement des ventes. On sait très bien que ce marché est très fragile.
Inscrire dans la loi la fin des véhicules thermiques, par exemple en 2030, c’est fragiliser paradoxalement le développement des véhicules à faible émission. C’est en effet de prendre le risque d mettre un frein aux investissements dans l’hybride rechargeable à partir de maintenant, or on a besoin des hybrides rechargeables pour respecter le niveau d’émissions de CO2 exigé dans les prochaines années. Il faut bien des solutions intermédiaires, à la fois pédagogiques pour le développement de l’électrique et   utiles pour baisser des émissions de CO2.
C’est le paradoxe : si on fixe dans la loi l’interdiction, il n’y aura pas d’investissements dans une technologie qui sera obsolète dans 10 ans. A la fin c’est contre-productif.

Autoactu.com : Pourquoi est-ce que ce débat n’a pas eu lieu il y a 1 an et demi quand Nicolas Hulot l’avait annoncé. Personne ne l’a cru ?
Luc Chatel :
Ce débat est permanent. Mais inscrire telle ou telle disposition dans le marbre de la loi, c’est autre chose. On doit à la fois assumer la mutation liée au changement climatique et à la fois veiller à préserver l’emploi et un fleuron industriel. Pour le coup, il faut faire du "en-même temps".
J’ai demandé la convocation du comité stratégique de filière le 12 juillet. J’ai demandé que ce soit à Bercy avec le ministre pour évoquer ces sujets. Si à la fin de l’histoire on a transféré 75% de la valeur ajoutée en Chine et que l’on n’a plus d’emploi en France, bravo la mutation technologique.

Autoactu.com : L’amendement prévoit la "fin de la vente des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs utilisant des énergies fossiles, d’ici à 2040". Qu’est-ce que vous allez pousser comme amendement ?
Luc Chatel
: On considère que la fin des moteurs thermiques sera la conséquence de ce que l’on est en train d’initier. A la fois les engagements pris dans le contrat de filière plus les nouvelles règlementations européennes.
La fin des moteurs thermiques c’est donc une conséquence. Si on en fait un préalable, le risque c’est le désinvestissement de toute une filière et une perte de compétitivité notamment vis-à-vis des Chinois.
Nous voulons réussir à court terme et c’est pourquoi nous interpellons sur la montée en puissance des bornes de recharge et le droit à la prise. Ce n’est pas la peine d’aller se battre sur 2040 si on n’est pas capable de démarrer maintenant. Rien ne serait pire que dans 3 ans on ait tous les véhicules disponibles sur catalogue et que personne ne les achète faute d’infrastructures. La question, c’est celle de la crédibilité des politiques sur lesquelles on s’engage.
Un autre point de très forte préoccupation qui n’est pas du ressort de cette loi mais qui est fondamental pour les engagements que nous prenons, c’est la visibilité sur le dispositif de bonus-malus. Ce n’est vraiment pas le moment de se reposer la question du niveau de soutien au véhicule électrique au moment où il va falloir en vendre.

Autoactu.com : Vous dites que le gouvernement envisagerait de remettre en question le bonus sur les véhicules électriques ?
Luc Chatel :
Aujourd’hui nous avons des inquiétudes sur le montant du bonus pour 2020 et 2021, car nous n’avons aucune visibilité, alors même qu’il y avait là l’un des engagements dde l’Etat dans le contrat de filière. C’est un enjeu énorme. On voit bien que dans les pays qui ont baissé les incitations, immédiatement cela se voit dans les ventes de véhicules. On n’est pas encore à un niveau de maturité suffisant.

Autoactu.com : Que risque-t-il de se passer ?
Luc Chatel :
Dès l’année prochaine, nos constructeurs ont clairement affiché qu’ils ne paieraient pas de pénalités liées au non-respect des objectifs de CO2. Donc ils vont retirer de leur catalogue des véhicules qui se vendent très bien. S’ils n’arrivent pas à vendre des véhicules électriques, cela leur laissera très peu de marges de manœuvre pour continuer à vendre les véhicules thermiques qui se vendent très bien.
Il y a un vrai risque d’une double peine à la fois de ne pas réussir à vendre les véhicules électriques qu’ils vont fabriquer avec des investissements considérables et comme conséquence d’avoir très peu de marges de manœuvre pour vendre les autres modèles. 2020, 2021, sont des années de très fortes incertitudes.
Le vrai sujet est qu’est ce qui est fait pour convaincre et créer les conditions pour que les consommateurs, en fonction de leur usage, décident de basculer vers le véhicule électrique, vers le véhicule hybride.
Le sujet, c’est l’acceptation par les consommateurs. Il faut que les consommateurs achètent. Si les changements sont trop brutaux, les entreprises et les consommateurs ne suivront pas et il y aura des morts.
On n’est pas du tout entendu sur la visibilité de long terme sur les bonus-malus. C’est sûr c’est que si au 1er janvier 2020 alors que c’est l’année où il faut convaincre les gens d’acheter des véhicules électriques on a une baisse du bonus, ce qui à ce stade n’est pas improbable, vu les difficultés de financement de la prime à la conversion, on va dans une approche totalement incompréhensible.
On demande de la cohérence. A partir du moment où la France a plaidé pour aller plus loin que ce que la Commission européenne proposait, très bien mais, loin de tout affichage politique à bon compte, donnons-nous les moyens de réussir.
Propos recueillis par Florence Lagarde


Luc Chatel à La Croix : « Le Mondial doit devenir la vitrine de la mobilité »

La Croix : Comment analysez-vous l’échec du projet de fusion entre Renault et Fiat-Chrysler ? S’agit-il d’une occasion manquée ?

Luc Chatel : Soulignons d’abord que cette offre de Fiat-Chrysler met en lumière, s’il en était besoin, l’attractivité de Renault et de l’Alliance. Fiat-Chrysler n’a pas souhaité poursuivre la discussion, c’est ainsi. Mais je comprends et je partage la déception du Groupe Renault qui a vu dans cette proposition une opportunité, en termes industriels, financiers comme de leadership sur le marché mondial.

Le salon Movin’on des nouvelles mobilités vient de s’achever à Montréal. Quel bilan dressez-vous de cette manifestation ?

Luc Chatel : Cet événement réunit de manière très innovante, en un même lieu, tous les acteurs de l’industrie automobile et des nouvelles mobilités : les autres modes de transports, les énergéticiens, les télécoms, les services connexes, les décideurs publics…

C’est tout cet « écosystème des mobilités du futur » que je souhaite aussi réunir au Mondial à Paris, dès la prochaine édition à l’automne 2020. Aujourd’hui, le Mondial est un salon grand public avec un succès qui se chiffre à un million de visiteurs. Nous devons saisir l’opportunité d’y adosser un événement « B2B », de professionnels à professionnels, fort et structurant.

La France a inventé l’automobile au XIXe siècle, puis Paris en a été la capitale en inventant le salon de l’auto et a accompagné son évolution. Aujourd’hui, nous faisons face à des innovations sans précédent dans le domaine de la mobilité, le Mondial de Paris doit de plus en plus en devenir leur vitrine avec tous les acteurs du système, y compris les start-up.

L’automobile n’est plus au centre du jeu ?

Luc Chatel : Être au centre du jeu, c’est s’inscrire au cœur de trois révolutions simultanées comme le secteur n’en a jamais connu depuis sa création, et qui attirent de nouveaux acteurs. Une révolution technologique, avec la montée des alternatives au moteur thermique ; la révolution numérique qui fait de la voiture l’objet connecté, bientôt autonome, le plus intelligent, et enfin la une révolution sociétale qui transforme les constructeurs en opérateurs de mobilité. Demain, on achètera moins de voitures, on achètera des minutes de mobilité, sans chercher à savoir qui produit ce service. L’industrie automobile est à l’avant-garde de ces transformations en France.

Le projet d’un Airbus de la batterie peut-il réussir ?

Luc Chatel : L’initiative du gouvernement français, aux côtés de Berlin, pour développer une filière batterie en Europe, va vraiment dans le bon sens. Il est clair qu’on ne peut pas d’un côté souligner le déplacement de la chaîne de valeur du secteur automobile vers l’Asie, où se concentre aujourd’hui l’essentiel de la production de batteries aujourd’hui, et de l’autre rester les bras croisés en Europe.

Il est très important maintenant de mettre le projet en musique en misant tout l’effort de recherche et développement des Européens sur la prochaine génération de batteries. Rien n’est perdu aujourd’hui car ces technologies évoluent très vite, donc il est possible de se positionner sur la technologie d’après. Une chose est sûre : on ne gagne jamais les combats que l’on ne mène pas.

La plate-forme automobile réunit Renault et PSA, les quatre grands équipementiers (Valeo, Faurecia, Plastic omnium et Michelin), et toutes les fédérations des PME de l’auto, soit 4 000 entreprises.