Luc Chatel : "Non au suicide collectif de l’industrie automobile"

Autoactu.com : L’Assemblée examine en ce moment la loi d’orientation des mobilités qui vise, entre autres, l’interdiction des véhicules à énergie fossile en 2040. Quel est votre sentiment sur ce texte ?
Luc Chatel :
Cela fait un moment que les industriels de l’automobile ne discutent plus de la réalité du changement climatique et de la nécessité de transformation. La décarbonisation est le sens de l’histoire. L’objectif est partagé. Les engagements que nous avons pris dans le contrat de filière en sont témoin.
Nous avons dit que l’automobile n’est pas un problème mais porte les solutions de réduction de CO2.
Ce que je vois depuis la signature du contrat de filière est que les choses ont beaucoup avancé. Les investissements réalisés par les constructeurs et les équipementiers dans la batterie, dans l'hydrogène et dans toutes les technologies de substitution représentent plusieurs centaines de milliards d’euros en Europe.
Nous sommes les premiers acteurs de la transition écologique et nous relevons le défi tous les jours. Simplement, l’industrie automobile est un immense paquebot et on ne part pas de zéro. Nous avons  à réussir une transition industrielle – et dans une industrie où les décisions ne se prennent pas en 8 jours. Les choix technologiques qui vont être fait aujourd’hui vont peser sur les 10 prochaines années.On ne peut pas naviguer à vue, on ne peut pas godiller. Un jour on vous dit c’est -37,5% et ensuite on nous dit, finalement c’est zéro énergie carbonée.

Autoactu.com : Que demandez-vous au gouvernement, aux députés ?
Luc Chatel :
Nous demandons de la visibilité dans les règles du jeu parce que la transition industrielle est la condition du succès de la bataille du climat. Je dis : avant d’ajouter des obligations supplémentaires, commençons déjà par se donner les moyens d’atteindre les objectifs fixés au niveau européen.
Il y a un an dans le contrat de filière, nous prenions un engagement très fort de multiplier par cinq le nombre de véhicules électriques à 5 ans. Il y a 6 mois, la règlementation européenne a imposé une réduction des émissions de CO2 de -37,5% en 2030 par rapport à 2021, c’est-à-dire -50% par rapport à aujourd’hui. C’est 59g de CO2/km parcouru à atteindre en 2030 en moyenne pour les véhicules neufs.
Pour y arriver, il faudrait le mix énergétique suivant : un tiers 100% batterie, un tiers d’hybrides rechargeables et un tiers de petites hybridations. Cela représente quasiment 100% de changement par rapport au parc existant. Quelle est l’industrie qui connait la même transformation en moins de 10 ans ?
On l’assume mais on ne veut pas un nouveau changement de règles et d’objectifs. Non au suicide collectif de l’industrie automobile.

Autoactu.com : Quelles seront les conséquences de cette interdiction des véhicules thermiques ?
Luc Chatel :
Attendons le vote. Cette interdiction ne figurait pas dans le projet de loi initial, mais résulte d’un amendement adopté en commission. Que les parlementaires en débattent.
Il y a un moment où il faut clarifier ses priorités, c’est-à-dire le maintien d’investissements et d’emplois dans notre pays. Je rappelle que l’impact de l’accélération de la chute du diesel, c’est déjà une cinquantaine d’entreprise directement impactées et 15 000 emplois menacés dans les cinq ans !
Par ailleurs, interrogeons-nous sur les moyens que nous nous donnons dans le même temps pour accélérer le développement de l’électrique. Il y a une vraie contradiction à envisager interdir les véhicules thermiques en 2040 et ne pas prendre les mesures nécessaires pour généraliser dans les copropriétés l’alimentation des parkings pour les véhicules électriques.

Autoactu.com : Pourtant, le droit à la prise figure dans le texte. Vous pensez que tel qu’il est prévu il n’est pas opérationnel ?
Luc Chatel :
C’est ça. Nous avons demandé un système proche de ce qu’on a eu dans les télécom au moment de la libéralisation du marché de l’accès à Internet : vous habitez une copropriété, vous faites la demande, votre syndic ne doit pas pouvoir vous interdire l’installation d’une prise collective.
On souhaite que l’on généralise dans les copropriétés l’alimentation des parkings pour qu’ensuite chaque copropriétaire en fonction de son besoin puisse dans un délai raisonnable de 3 mois se faire installer une borne.
Aujourd’hui, il n’y a pas ce pré équipement, et celui qui veut installer une borne va devoir suivre un parcours du combattant pour obtenir les autorisations de l’assemblée générale et en plus il va payer la partie collective de l’arrivée de l’électricité sur le parking avant d’installer sa propre borne.
Pour avoir 60% de véhicules électriques ou hybrides rechargeables, il faut être cohérent et il faut qu’on aboutisse à une généralisation du pré équipement d’une façon ou d’une autre.
Avoir des échéances un peu lointaines et des aides d’Etat pour ceux qui se décident vite ce serait cohérent avec le rythme auquel on nous dit d’aller.
Quand on croise les gens qui sont en copropriété et ne peuvent pas à court terme avoir de prises, ceux qui n’ont pas de parking et pour lesquels il n’y a pas de possibilité de rechange sur la voie publique et ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un véhicule électrique, on ne réussira pas le pari de multiplier les ventes de véhicules électriques à court terme.

Autoactu.com : Cela peut aboutir à une division drastique du marché ?
Luc Chatel :
On prend un risque énorme. Regardez ce qui s’est passé en septembre avec la mise en place des nouvelles normes européennes. Il n’y a pas eu d’anticipation des pouvoirs publics de la grille de malus. L’impact a été immédiat avec un effondrement des ventes. On sait très bien que ce marché est très fragile.
Inscrire dans la loi la fin des véhicules thermiques, par exemple en 2030, c’est fragiliser paradoxalement le développement des véhicules à faible émission. C’est en effet de prendre le risque d mettre un frein aux investissements dans l’hybride rechargeable à partir de maintenant, or on a besoin des hybrides rechargeables pour respecter le niveau d’émissions de CO2 exigé dans les prochaines années. Il faut bien des solutions intermédiaires, à la fois pédagogiques pour le développement de l’électrique et   utiles pour baisser des émissions de CO2.
C’est le paradoxe : si on fixe dans la loi l’interdiction, il n’y aura pas d’investissements dans une technologie qui sera obsolète dans 10 ans. A la fin c’est contre-productif.

Autoactu.com : Pourquoi est-ce que ce débat n’a pas eu lieu il y a 1 an et demi quand Nicolas Hulot l’avait annoncé. Personne ne l’a cru ?
Luc Chatel :
Ce débat est permanent. Mais inscrire telle ou telle disposition dans le marbre de la loi, c’est autre chose. On doit à la fois assumer la mutation liée au changement climatique et à la fois veiller à préserver l’emploi et un fleuron industriel. Pour le coup, il faut faire du "en-même temps".
J’ai demandé la convocation du comité stratégique de filière le 12 juillet. J’ai demandé que ce soit à Bercy avec le ministre pour évoquer ces sujets. Si à la fin de l’histoire on a transféré 75% de la valeur ajoutée en Chine et que l’on n’a plus d’emploi en France, bravo la mutation technologique.

Autoactu.com : L’amendement prévoit la "fin de la vente des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs utilisant des énergies fossiles, d’ici à 2040". Qu’est-ce que vous allez pousser comme amendement ?
Luc Chatel
: On considère que la fin des moteurs thermiques sera la conséquence de ce que l’on est en train d’initier. A la fois les engagements pris dans le contrat de filière plus les nouvelles règlementations européennes.
La fin des moteurs thermiques c’est donc une conséquence. Si on en fait un préalable, le risque c’est le désinvestissement de toute une filière et une perte de compétitivité notamment vis-à-vis des Chinois.
Nous voulons réussir à court terme et c’est pourquoi nous interpellons sur la montée en puissance des bornes de recharge et le droit à la prise. Ce n’est pas la peine d’aller se battre sur 2040 si on n’est pas capable de démarrer maintenant. Rien ne serait pire que dans 3 ans on ait tous les véhicules disponibles sur catalogue et que personne ne les achète faute d’infrastructures. La question, c’est celle de la crédibilité des politiques sur lesquelles on s’engage.
Un autre point de très forte préoccupation qui n’est pas du ressort de cette loi mais qui est fondamental pour les engagements que nous prenons, c’est la visibilité sur le dispositif de bonus-malus. Ce n’est vraiment pas le moment de se reposer la question du niveau de soutien au véhicule électrique au moment où il va falloir en vendre.

Autoactu.com : Vous dites que le gouvernement envisagerait de remettre en question le bonus sur les véhicules électriques ?
Luc Chatel :
Aujourd’hui nous avons des inquiétudes sur le montant du bonus pour 2020 et 2021, car nous n’avons aucune visibilité, alors même qu’il y avait là l’un des engagements dde l’Etat dans le contrat de filière. C’est un enjeu énorme. On voit bien que dans les pays qui ont baissé les incitations, immédiatement cela se voit dans les ventes de véhicules. On n’est pas encore à un niveau de maturité suffisant.

Autoactu.com : Que risque-t-il de se passer ?
Luc Chatel :
Dès l’année prochaine, nos constructeurs ont clairement affiché qu’ils ne paieraient pas de pénalités liées au non-respect des objectifs de CO2. Donc ils vont retirer de leur catalogue des véhicules qui se vendent très bien. S’ils n’arrivent pas à vendre des véhicules électriques, cela leur laissera très peu de marges de manœuvre pour continuer à vendre les véhicules thermiques qui se vendent très bien.
Il y a un vrai risque d’une double peine à la fois de ne pas réussir à vendre les véhicules électriques qu’ils vont fabriquer avec des investissements considérables et comme conséquence d’avoir très peu de marges de manœuvre pour vendre les autres modèles. 2020, 2021, sont des années de très fortes incertitudes.
Le vrai sujet est qu’est ce qui est fait pour convaincre et créer les conditions pour que les consommateurs, en fonction de leur usage, décident de basculer vers le véhicule électrique, vers le véhicule hybride.
Le sujet, c’est l’acceptation par les consommateurs. Il faut que les consommateurs achètent. Si les changements sont trop brutaux, les entreprises et les consommateurs ne suivront pas et il y aura des morts.
On n’est pas du tout entendu sur la visibilité de long terme sur les bonus-malus. C’est sûr c’est que si au 1er janvier 2020 alors que c’est l’année où il faut convaincre les gens d’acheter des véhicules électriques on a une baisse du bonus, ce qui à ce stade n’est pas improbable, vu les difficultés de financement de la prime à la conversion, on va dans une approche totalement incompréhensible.
On demande de la cohérence. A partir du moment où la France a plaidé pour aller plus loin que ce que la Commission européenne proposait, très bien mais, loin de tout affichage politique à bon compte, donnons-nous les moyens de réussir.
Propos recueillis par Florence Lagarde


Luc Chatel à La Croix : « Le Mondial doit devenir la vitrine de la mobilité »

La Croix : Comment analysez-vous l’échec du projet de fusion entre Renault et Fiat-Chrysler ? S’agit-il d’une occasion manquée ?

Luc Chatel : Soulignons d’abord que cette offre de Fiat-Chrysler met en lumière, s’il en était besoin, l’attractivité de Renault et de l’Alliance. Fiat-Chrysler n’a pas souhaité poursuivre la discussion, c’est ainsi. Mais je comprends et je partage la déception du Groupe Renault qui a vu dans cette proposition une opportunité, en termes industriels, financiers comme de leadership sur le marché mondial.

Le salon Movin’on des nouvelles mobilités vient de s’achever à Montréal. Quel bilan dressez-vous de cette manifestation ?

Luc Chatel : Cet événement réunit de manière très innovante, en un même lieu, tous les acteurs de l’industrie automobile et des nouvelles mobilités : les autres modes de transports, les énergéticiens, les télécoms, les services connexes, les décideurs publics…

C’est tout cet « écosystème des mobilités du futur » que je souhaite aussi réunir au Mondial à Paris, dès la prochaine édition à l’automne 2020. Aujourd’hui, le Mondial est un salon grand public avec un succès qui se chiffre à un million de visiteurs. Nous devons saisir l’opportunité d’y adosser un événement « B2B », de professionnels à professionnels, fort et structurant.

La France a inventé l’automobile au XIXe siècle, puis Paris en a été la capitale en inventant le salon de l’auto et a accompagné son évolution. Aujourd’hui, nous faisons face à des innovations sans précédent dans le domaine de la mobilité, le Mondial de Paris doit de plus en plus en devenir leur vitrine avec tous les acteurs du système, y compris les start-up.

L’automobile n’est plus au centre du jeu ?

Luc Chatel : Être au centre du jeu, c’est s’inscrire au cœur de trois révolutions simultanées comme le secteur n’en a jamais connu depuis sa création, et qui attirent de nouveaux acteurs. Une révolution technologique, avec la montée des alternatives au moteur thermique ; la révolution numérique qui fait de la voiture l’objet connecté, bientôt autonome, le plus intelligent, et enfin la une révolution sociétale qui transforme les constructeurs en opérateurs de mobilité. Demain, on achètera moins de voitures, on achètera des minutes de mobilité, sans chercher à savoir qui produit ce service. L’industrie automobile est à l’avant-garde de ces transformations en France.

Le projet d’un Airbus de la batterie peut-il réussir ?

Luc Chatel : L’initiative du gouvernement français, aux côtés de Berlin, pour développer une filière batterie en Europe, va vraiment dans le bon sens. Il est clair qu’on ne peut pas d’un côté souligner le déplacement de la chaîne de valeur du secteur automobile vers l’Asie, où se concentre aujourd’hui l’essentiel de la production de batteries aujourd’hui, et de l’autre rester les bras croisés en Europe.

Il est très important maintenant de mettre le projet en musique en misant tout l’effort de recherche et développement des Européens sur la prochaine génération de batteries. Rien n’est perdu aujourd’hui car ces technologies évoluent très vite, donc il est possible de se positionner sur la technologie d’après. Une chose est sûre : on ne gagne jamais les combats que l’on ne mène pas.

La plate-forme automobile réunit Renault et PSA, les quatre grands équipementiers (Valeo, Faurecia, Plastic omnium et Michelin), et toutes les fédérations des PME de l’auto, soit 4 000 entreprises.


The automotive industry is partnering up with the HOPSCOTCH Group for the organization of the Paris Mondial Motor Show

This long-term partnership will, starting for the 2020 edition, result in a radically redesigned event, with a strong B2B component and focused on new mobility challenges.

This agreement comes at the end of the competitive consultation process launched on 15 February 2019 by the PFA along with the entire automotive industry ecosystem in order to create a new ambition for the Paris Mondial Motor Show.

“With this strong partnership, we are opening a new era in the history of the Paris Mondial Motor Show.In essence, the major trade shows are in exactly the same situation as the automotive sector itself: faced with the need to constantly reinvent themselves. Yet to embody the future of the automobile, the Paris Mondial Motor Show has all the necessary qualities, not only to ensure its sustainability, but also to aim for a leading position.   Through this partnership with HOPSCOTCH, the French leader in event conception, our aim is to make it the leading international event, at the forefront of the automotive ecosystem and new forms of mobility,” Luc Chatel said.

“We are very proud to be working alongside the automotive industry to open a new chapter in the history of this iconic event.Breathing new life into the Paris Mondial Motor Show at a time when the idea of mobility is being reimagined: this is the exciting challenge we are taking onStarting in 2020, the main issue will be to increase brand audiences by offering a completely redesigned, interactive and personalised visitor experience,” said Frédéric Bedin.

The unveiling of the 2020 edition of the redesigned Paris Mondial Motor Show will take place during a press conference to be held before the summer.


La filière automobile choisit le groupe HOPSCOTCH comme partenaire pour l’organisation du Mondial de Paris

Ce partenariat inscrit dans la durée, se traduira, dès l’édition 2020, par un évènement profondément réinventé et auquel s’articulera un volet B2B fort et structurant autour des nouveaux enjeux de la mobilité.

Cette signature intervient à l’issue de la consultation par voie de mise en concurrence lancée, le 15 février dernier, par la PFA avec l’ensemble de l’écosystème de la filière automobile, afin d’offrir une nouvelle ambition pour le Mondial de Paris.

« Avec ce partenariat fort, nous ouvrons une nouvelle ère dans l’histoire du Mondial de Paris. Au fond, les grands salons se trouvent exactement dans la même situation que le secteur automobile lui-même : face à l’exigence de se réinventer en permanence. Or, pour incarner ce futur de l’automobile, le Mondial de Paris dispose de tous les atouts, non-seulement pour assurer sa pérennité, mais pour viser une position de leader avec, pour horizon, de toujours accroitre le retour sur investissement marketing des exposants. Avec HOPSCOTCH, le leader français de la conception d’évènement, nous allons faire du Mondial de Paris l’évènement international de référence, à l’avant-garde de l’écosystème automobile et des nouvelles mobilités », a souligné Luc CHATEL.

« Nous sommes très fiers d’être aux côtés de la filière automobile afin d’ouvrir une nouvelle étape dans l’histoire de cet évènement emblématique s’il en est. Réenchanter le Mondial au moment où se réinvente la mobilité, c’est le très beau défi qui est le nôtre. L’enjeu sera notamment, dès 2020, d’amplifier l’audience des marques en proposant une expérience de visite entièrement réinventée, interactive et personnalisée.», a indiqué Frédéric BEDIN.

Le dévoilement de l’édition 2020 du Mondial réinventé aura lieu à l’occasion d’une conférence de presse qui se tiendra avant l’été.


Présentation des besoins d’innovation de la filière

Le 10 avril dernier, plus de 80 entreprises étaient réunies au CCFA pour échanger sur les besoins d’innovation de la filière automobile et mobilité. En présence de Luc Chatel, les experts de la PFA et les différents acteurs de la filière (grands comptes, laboratoires, PME, startups, pôles de compétitivité) ont pu échanger sur les défis soulevés par les exigences de la mobilité de demain et les moyens de financement disponibles pour les y aider. Vous pouvez retrouver les besoins d’innovation ici : https://pfa-auto.fr/recherche-et-developpement/

Cette journée constituait le premier événement d’une série de webinaires qui se dérouleront tout au long de l’année en partenariat avec les pôles de compétitivité, afin de présenter en détail les besoins d’innovation par grandes thématiques et les projets en cours.

Les dates à retenir :

le 15 mai sur le thème de l’électromobilité :  https://pole-moveo.org/evenements/webinar-besoins-dinnovation-en-electromobilite-de-la-filiere-automobile-mobilite/

19 juin - rendement véhicule

17 juillet – GMP

D’autres dates sont à suivre prochainement.

 

N’hésitez pas à vous y inscrire

L’équipe innovation PFA


110 Millions d’€, 100 véhicules, 500 000 utilisateurs, 13 territoires

Elisabeth Borne, Ministre chargée des Transports, a annoncé aujourd’hui les lauréats

de l’appel à projet « Expérimentation du Véhicule routier Autonome » :

Le Gouvernement choisit le Consortium SAM, rassemblé autour de la Plateforme automobile (PFA), pour lancer un programme d’expérimentations doté de 110 millions d’euros (75 millions amenés par les partenaires et 35 millions par l’Etat), et qui mobilisera plus de 500 000 utilisateurs, près de 100 véhicules autonomes, et 13 territoires d’expérimentation.

« Nous sommes fiers de ce succès du Consortium qui s’est constitué autour de la PFA, avec pour enjeu de rassembler l’équipe de France de la mobilité autonome. L’objectif est de rendre enfin possible l’émergence de références nationales et des propositions de standards internationaux », a souligné Luc CHATEL, président de la PFA.

Le projet cible six catégories de cas d’usages du véhicule autonome : conduite autonome, valet de parking, VTC, nouveaux services de mobilité collective et partagée, transport public, livraison du dernier kilomètre.

Et les terrains d’expérimentation ont été sélectionnés pour leur adéquation à un besoin exprimé des territoires et pour la complémentarité des situations explorées.

La PFA fédère autour du projet « Sécurité et Acceptabilité de la conduite et de la Mobilité autonome » (SAM), un consortium de 11 industriels (Alstom, Cofiroute, EasyMile, Keolis, PSA, groupe RATP, Renault, SNCF, Transdev, TwinswHeel, Valeo) pour réaliser des expérimentations et 9 partenairespour en assurer la méthodologie et les évaluations dans leur domaine d’excellence (Cerema, ForCity, IFP Energies Nouvelles, IGN, Le LAB, ENPC/LVMT, SystemX, UTAC CERAM, VEDECOM).

L’objectif est de constituer un bien commun utilisable par les différentes parties prenantes (industriels, autorités publiques, académiques) afin de faire émerger des références nationales, un état de l’art et des propositions de standards internationaux.

L’appel à projet « Expérimentation du Véhicule routier Autonome » (EVRA), qui a également retenu le projet Expérimentations de Navettes Autonomes (ENA), conduit par l’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR), a été lancé en juin 2018 dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir, et s’inscrit au cœur de la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes présentée par le Gouvernement en mai 2018.


Partenariat PFA-BPI : lancement de la première promotion « Trajectoire PME-ETI »

Paris, le 19 mars 2019 – La PFA et Bpifrance annoncent le lancement de la première promotion de l’Accélérateur « Trajectoire PME-ETI », dédié à la croissance des entreprises de la filière automobile. Vingt-quatre entreprises disposant d’un fort potentiel de croissance et d’une volonté de se développer à l’international suivront pendant 24 mois un programme d’accompagnement sur mesure pour relever les défis de demain.

Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), qui rassemble la filière automobile en France, et Guillaume Mortelier, directeur exécutif de l’accompagnement et du Fonds Build-up de chez Bpifrance présentent aujourd’hui les vingt-quatre membres de la première promotion et le programme « Trajectoire PME-ETI », à l’Automobile Club de France, en présence de Patrick Koller, directeur général de Faurecia et parrain de la promotion. Cet accélérateur, doté de 6 millions d’euros financés aux trois quarts par les grandes entreprises de la filière automobile et à un quart par l’État via Bpifrance, est l’un des dispositifs forts du contrat de filière signé, le 22 mai dernier, entre la PFA et l’Etat. L’ambition est d’accompagner à terme 150 PME à fort potentiel face aux défis de la compétitivité et de l’internationalisation.

Vingt-quatre entreprises à fort potentiel ont été sélectionnées pour faire partie de la première promotion. Durant 24 mois, elles vont bénéficier d’un programme ciblé et personnalisé, mixant séquences collectives et individuelles, co-construit par la PFA et Bpifrance. Celui-ci comprend :

  • Un diagnostic initial à 360° et un accès à deux modules de conseil thématique, afin que chacune des vingt-quatre entreprises puisse identifier ses enjeux de croissance et établir une nouvelle feuille de route ;
  • Huit séminaires et ateliers permettant de décrypter les tendances de la filière automobile, nourrir la réflexion et renforcer les compétences des dirigeants ;
  • De la mise en relation avec des acteurs reconnus de la filière automobile et d’autres filières d’excellence industrielle, en partenariat avec les réseaux Bpifrance Excellence, Bpifrance Le Hub, IME France, etc. (mentorat par un pair ayant réussi un changement d’échelle, rencontres avec des acteurs-clés de l’international, accueil par une PME d’une start-up dans ses locaux en France et à l’étranger…) ;
  • L’intégration à la communauté nationale des Accélérateurs PME-ETI.

« Face aux défis sans précédent auxquels fait face le secteur automobile, nous voulons jouer un rôle d’accélérateur pour renforcer la compétitivité tout au long de la filière », explique Luc Chatel, président de la PFA. « Avec toute l’expertise de Bpifrance et le soutien de nos grandes entreprises, il s’agit d’aider les PME prometteuses du secteur à monter la marche suivante. Ce sont les pépites de la filière automobile, au cœur du tissu industriel de nos territoires ». 

« L’accompagnement est plus que jamais au cœur de la stratégie de Bpifrance et au cœur des besoins des dirigeants de PME et ETI, qui peuvent rencontrer une sensation d’isolement dans leur stratégie de développement et d’internationalisation. », précise Guillaume Mortelier, directeur exécutif de l’Accompagnement et du Fonds Build-up chez Bpifrance. « Cette première promotion du programme Trajectoire PME-ETI vise à créer un esprit de communauté solidaire et fédérateur entre des dirigeants d’entreprise de la filière automobile en pleine croissance ainsi qu’à les aider concrètement dans la définition d’une stratégie ambitieuse pour leur business ».

Patrick Koller, directeur général de Faurecia ajoute : « Nous considérons l’accompagnement des entreprises de la filière automobile française comme un devoir et une nécessité - à ce titre - je suis honoré d’être le parrain de cette première promotion.  La création de cet écosystème unique représente pour ces entreprises une réelle opportunité de structurer leur développement et je tiens ici à remercier la PFA et Bpifrance pour cette initiative. C’est enfin un plaisir d’échanger avec les chefs d’entreprise de cette promotion. »


Lancement d’une consultation pour l’organisation du Mondial de Paris

S’ouvre aujourd’hui une consultation par voie de mise en concurrence pour l’organisation du Mondial de Paris, évènement majeur et rendez-vous incontournable au premier rang des grands salons internationaux.

La PFA, le CCFA et la FIEV ont en effet conjointement décidé de faire évoluer les conditions d’organisation afin d’offrir une nouvelle ambition au Mondial.

Les grands salons se trouvent exactement dans la même situation que le secteur automobile lui-même : face à l’exigence de se réinventer en permanence. Or, pour incarner ce futur de l’automobile, le Mondial de Paris dispose de tous les atouts - au premier rang desquels, le succès incontestable de l’édition 2018, qui lui permet d’être en situation aujourd’hui de se donner cette nouvelle ambition. Il s’agit d’en faire l’évènement international de référence, à l’avant-garde de l’écosystème automobile et des nouvelles mobilités.

Cahier des charges et règlement de consultation disponibles sur demande, en échange d’un accord de confidentialité, à l’adresse suivante : presidence@pfa-auto.fr

La date limite pour le dépôt des offres est fixée au 18 mars 2019 à 10h.


L’Observatoire de la Métallurgie actualise son étude prospective Emploi & Compétences.

L’Observatoire de la Métallurgie, en partenariat avec la PFA, la FIEV, la Fédération de La Plasturgie et des Composites, et le Groupement Plasturgie Automobile (GPA), publie  l’actualisation de l’étude prospective sur l’évolution de l’emploi et des besoins en compétences dans le secteur automobile.

Dans cette période de profonde transformation dans le secteur automobile, l’objectif est d’offrir un outil d’anticipation qui permette d’évaluer l’impact de ces mutations sur les entreprises et les salariés.

 

L’édition 2018 de cette étude prospective vient confirmer les tendances observées en 2016, avec un effet d’accélération liée à la baisse rapide des parts de marché des motorisations diesel des véhicules particuliers, passées de plus de 70 à moins de 40% en quelques années, en faveur d’une montée rapide attendue de l’électromobilité dans les dix ans à venir :

  • L’impact d’une telle baisse est évalué à environ 10.000 à 15 000 emplois industriels à l’horizon 2030. Si une centaine d’entreprises sont d’ores et déjà directement affectées, avec un impact jusqu’à présent atténué par la croissance globale du marché, un éventuel retournement du marché pourrait conduire à son tour à un effet d’accélération.
  • Cette perte d’emplois ne pourra être complètement compensée, à volume de ventes constant, par la croissance attendue des besoins pour fabriquer les véhicules électriques et hybrides, sauf à réussir à développer une véritable filière européenne et française des batteries qui constitueront une part importante de la valeur ajoutée des véhicules électriques et hybrides rechargeables.
  • Les nouvelles compétences dont la filière aura besoin avec l’émergence du véhicule électrique, connecté et autonome (intelligence artificielle, big data, électronique de puissance) et l’évolution des modes de production (robotisation, usine 4.0) devront s’inscrire, sous réserve de bien les anticiper, dans le cadre du renouvellement annuel des salariés au sein des 4000 entreprises de la filière. Ces besoins de recrutement sont estimés à 25.000 personnes par an entre 2018 et 2022, parmi lesquels, notamment, 8000 ingénieurs, 6000 techniciens et agents de maitrise, 9000 ouvriers.

Ces analyses correspondent au diagnostic et à la stratégie portés par le contrat stratégique de filière signé, le 22 mai dernier, par la filière automobile avec l’Etat. A travers l’un des volets forts de cette feuille de route partagée, il s’agit précisément, dans une logique de solidarité de filière, de définir les outils permettant d’aider les entreprises concernées à anticiper les reconversions à opérer avec le soutien de l’Etat et des grands acteurs du secteur.

https://www.observatoire-metallurgie.fr/analyses-previsions/analyse-prospective-des-impacts-des-mutations-de-la-construction-automobile-sur